Emploi et TND : donner les moyens, garantir les Droits !

Corentin Dugat, Président de la Fédération

7/9/20262 min read

La Stratégie Nationale pour les Troubles du Neurodéveloppement a sorti un nouveau guide en mars 2026 sur la « Neurodiversité » en entreprise.

Un guide ambitieux, répondant à une partie des besoins des personnes concernées par le Trouble du Spectre de l'Autisme (TSA), les Troubles Spécifiques des Apprentissages (TSLA, anciennement , selon le DSM-5, la dyslexie, la dysorthographie et la dyscalculie) , le Trouble Développemental de la Coordination (dyspraxie), le Trouble Développemental du Langage (dysphasie) et le Trouble du Déficit de l'Attention avec ou sans Hyperactivité (TDAH).

Malheureusement, ce guide ne traite pas du Trouble du Développement Intellectuel (TDI).

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Nous rappelons avec force qu'un guide seul ne suffit pas pour rendre le monde du travail réellement inclusif et adapté. Ce guide permet certes aux employeurs de mieux comprendre les troubles du neurodéveloppement et, surtout, les besoins des personnes concernées.

Mais, il est urgent de sécuriser davantage l'accès à l'emploi. Cela commence bien souvent par faire connaître la Reconnaissance de la Qualité de Travailleur Handicapé (RQTH) et les dispositifs comme l'emploi accompagné et Cap Emploi.

Cependant, la sécurisation des parcours exige d'aller plus loin : elle implique le financement rapide des aménagements de poste, la formation obligatoire des managers de proximité, la sensibilisation accrue de l'ensemble des professionnels et un suivi durable pour garantir le maintien dans l'emploi. L'inclusion ne doit pas être une simple démarche de recrutement, mais une transformation profonde de nos cultures managériales, co-construite avec les personnes concernées.

Rappelons que le cadre légal existe déjà, mais qu'il doit être strictement appliqué : le refus d'aménager le poste d'un travailleur titulaire de la RQTH constitue une discrimination. Le Code pénal prévoit pour ce délit des sanctions fermes : jusqu'à 3 ans d'emprisonnement et 45 000 € d'amende pour l'employeur physique (portée à 225 000 € pour l'entreprise en tant que personne morale).

L'enjeu de demain est double : il faut lever la peur des sanctions en facilitant les recours des travailleurs, mais aussi guider et soutenir les employeurs face aux adaptations de poste. Il incombe à l'État au nom de l'égalité et de la loi de 2005.

Enfin, cette ambition ne pourra se réaliser en excluant les Établissements et Services d’Accompagnement par le Travail (ESAT). Historiquement en première ligne pour l'inclusion des personnes présentant un TDI, les ESAT ne doivent pas être les oubliés de la "neurodiversité". L'État doit impérativement soutenir la transformation de ces structures et renforcer les passerelles logistiques, humaines et financières entre le milieu protégé et le milieu ordinaire, afin d'offrir à chaque travailleur un véritable droit au choix dans son parcours professionnel.

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